À Saïgon de mon enfance, chaque quartier avait sa charrette bánh mì installée au coin de la rue. Dès le matin, l’odeur du pain chaud montait et les gens descendaient, même en pyjama, quelques billets froissés à la main.
La charrette était là tous les jours, au même endroit. On connaissait la dame ou le monsieur qui tenait le stand depuis des années. Les gamins arrivaient encore à moitié endormis, choisissaient leur bánh mì, et regardaient préparer le sandwich devant eux. Le pain craquait, le pâté se tartinait, on ajoutait le jambon, la mortadelle, les herbes fraîches débordaient, le đồ chua (pickles aigre-doux de carottes et radis) apportait cette acidité qui réveille. Rien de compliqué, juste des bons ingrédients assemblés avec soin.
Ce n’était pas cher. Tout le monde pouvait se l’offrir. Ces charrettes aux coins de rue faisaient partie du paysage quotidien de Saïgon depuis des décennies. L’histoire du bánh mì à Saïgon commence avec la baguette française, arrivée dans les années 1860. Mais c’est dans les années 1950, après l’arrivée de migrants du Nord, que le bánh mì tel qu’on le connaît prend forme. En 1958, Bánh mì Hòa Mã devient l’un des premiers magasins à vendre du bánh mì thịt. Le pain évolue: plus court que la baguette française (20-25cm), mie aérée, croûte croustillante.
Ces souvenirs-là ne s’effacent pas. Le goût du bánh mì Sài Gòn reste ancré quelque part, même des années après, même à des milliers de kilomètres.
Chez Fu Castella, on essaie de retrouver ça. Pain croustillant sorti chaud du four, et tout le reste fait maison – du pâté de campagne au đồ chua (pickles de légumes) en passant par le jambon et la mortadelle vietnamienne.
Il s’agit de 3 versions :
Spécial Saigon (jambon vietnamien) – Poulet (hallal) – Végétarien
Chauds dès midi tous les jours
Fu Castella Sèvres • 75 rue de Sèvres, 75006

